Windows 10 après la fin du support : mise à niveau, remplacement ou ESU?
Le support normal de Windows 10 version 22H2 a pris fin le 14 octobre 2025.
Les ordinateurs n’ont pas cessé de fonctionner. Les utilisateurs peuvent encore ouvrir leurs fichiers et applications. Le changement important est que ces appareils ne reçoivent plus le cycle normal de mises à jour de sécurité, de correctifs et de soutien Microsoft.
Pour une entreprise, il faut maintenant décider appareil par appareil :
- mettre à niveau vers Windows 11;
- remplacer l’ordinateur;
- conserver Windows 10 temporairement avec les mises à jour de sécurité étendues, lorsqu’admissible;
- retirer ou isoler un poste spécialisé qui ne peut pas encore migrer.
La pire stratégie est de supposer que tous les PC Windows 10 sont identiques.
Commencer par identifier la vraie version
« Windows 10 » peut désigner plusieurs éditions et cycles de vie.
La majorité des PC de bureau en entreprise utilisent Windows 10 22H2. Pour eux, la date générale de fin de support était le 14 octobre 2025.
Certaines éditions LTSC ou LTSB ont une échéance différente. Par exemple, Windows 10 Enterprise 2016 LTSB atteint sa fin de support étendu le 13 octobre 2026. D’autres éditions LTSC ont encore un cycle distinct.
Avant de prendre une décision, il faut donc confirmer :
- l’édition exacte;
- la version;
- l’architecture;
- le niveau de correctifs;
- le type de licence;
- l’usage commercial ou spécialisé du poste.
Une règle unique appliquée à tous les appareils crée rapidement des erreurs de licence et de support.
Option 1 : mettre à niveau le PC vers Windows 11
La mise à niveau est souvent le meilleur choix lorsque le matériel est compatible et encore en bon état.
Il faut vérifier :
- processeur pris en charge;
- TPM 2.0;
- démarrage sécurisé;
- espace disque;
- mémoire;
- pilotes du fabricant;
- compatibilité des applications;
- logiciels de sécurité;
- périphériques spécialisés;
- méthode de connexion au domaine ou à Microsoft Entra ID.
Un PC qui passe les exigences minimales n’est pas automatiquement un bon candidat. Un appareil déjà lent, difficile à réparer ou presque hors garantie peut coûter plus cher à conserver qu’à remplacer.
Option 2 : remplacer le matériel
Le remplacement devient souvent plus raisonnable lorsque :
- le processeur n’est pas pris en charge;
- le PC n’a pas TPM 2.0;
- le stockage est petit ou vieillissant;
- la batterie ou l’alimentation est instable;
- les pilotes Windows 11 sont absents;
- les performances sont déjà insuffisantes;
- la réparation prévue approche la valeur de remplacement;
- le rôle du poste a changé.
Le remplacement ne consiste pas seulement à acheter un ordinateur. Il faut prévoir :
- la sauvegarde et le transfert des données;
- les profils utilisateurs;
- Microsoft 365 et les licences;
- les imprimantes et périphériques;
- les applications métier;
- le chiffrement;
- l’antivirus ou EDR;
- les politiques et accès distants;
- la suppression sécurisée de l’ancien appareil.
Une méthode standardisée réduit fortement le temps perdu appareil par appareil.
Option 3 : utiliser ESU comme pont temporaire
Microsoft propose un programme de mises à jour de sécurité étendues pour certains PC Windows 10 utilisés commercialement.
Les ESU fournissent des mises à jour de sécurité critiques et importantes pendant une période limitée. Elles ne fournissent pas :
- de nouvelles fonctions;
- de correctifs non liés à la sécurité demandés par le client;
- de changements de conception;
- le soutien normal complet de Windows.
Les ESU ne modernisent donc pas le poste. Elles achètent du temps pour terminer une migration.
Pour le programme commercial Windows 10 standard, les éditions admissibles comprennent notamment Pro en usage commercial, Enterprise et Education. Les appareils doivent répondre aux prérequis techniques et de licence applicables.
Il faut aussi comprendre que les années ESU sont cumulatives. Une organisation qui attend une année ultérieure peut devoir acquérir les années précédentes. Le programme doit être budgété comme un coût de transition, pas comme un abonnement permanent.
Quand ESU est une bonne décision
ESU peut être raisonnable lorsqu’un PC :
- exécute une application critique dont la migration est déjà planifiée;
- contrôle un équipement spécialisé;
- doit rester en service pendant une transition de quelques mois;
- ne peut pas être remplacé immédiatement sans interrompre une fonction essentielle;
- est autrement bien géré, sauvegardé et surveillé.
ESU est moins convaincant lorsqu’il sert seulement à repousser une décision sans échéancier, sans inventaire ou sans propriétaire du projet.
Les applications sont souvent le vrai blocage
Dans plusieurs PME, le problème n’est pas Windows lui-même. C’est une application ou un périphérique qui n’a jamais été testé sous Windows 11.
Il faut identifier :
- le nom et la version de l’application;
- le fournisseur actuel;
- la méthode de licence;
- les modules locaux;
- la base de données utilisée;
- les périphériques ou ports requis;
- les intégrations avec Outlook, Excel ou un navigateur;
- la méthode de sauvegarde;
- la procédure de réinstallation.
Lorsqu’un fournisseur affirme que Windows 11 n’est pas pris en charge, demandez une réponse écrite et la version recommandée. Une incompatibilité présumée ne devrait pas bloquer toute une flotte sans preuve.
Ne pas oublier Office et Microsoft 365
Un poste migré vers Windows 11 peut encore exécuter une version d’Office qui n’est plus prise en charge.
Office 2016 et Office 2019 ont atteint leur fin de support le 14 octobre 2025. Office LTSC 2021 et Office 2021 atteignent la leur le 13 octobre 2026.
La migration du poste est donc un bon moment pour vérifier :
- la version d’Office;
- l’activation;
- les compléments;
- les fichiers PST;
- les profils Outlook;
- la synchronisation OneDrive;
- les macros et modèles;
- la compatibilité avec Microsoft 365.
Un appareil neuf avec un logiciel ancien reste un environnement incomplet.
Une approche pratique par vagues
Une entreprise n’a pas besoin de migrer tous les postes en une nuit.
Une séquence raisonnable peut être :
1. inventaire automatique des appareils; 2. classement : mise à niveau, remplacement, ESU temporaire ou retrait; 3. test avec quelques utilisateurs représentatifs; 4. correction des applications et périphériques; 5. migration par groupe; 6. validation des sauvegardes, chiffrement et sécurité; 7. retrait propre des anciens appareils; 8. suivi des exceptions restantes.
Chaque exception devrait avoir un propriétaire, une raison et une date cible.
Ce qu’il faut vérifier sur chaque appareil
Une fiche de décision simple devrait contenir :
- utilisateur et emplacement;
- modèle et numéro de série;
- processeur, RAM et stockage;
- version exacte de Windows;
- compatibilité Windows 11;
- état de la garantie;
- applications critiques;
- présence de données locales;
- sauvegarde ou synchronisation;
- état du chiffrement;
- décision retenue;
- date cible.
Cette liste transforme une urgence vague en projet contrôlable.
Obtenir une vue claire de votre parc
Une revue de parc informatique peut séparer rapidement les PC faciles à mettre à niveau, ceux qui devraient être remplacés et les exceptions qui justifient temporairement ESU.
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